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Ce petit site, ou blog-comme-on-dit, alimenté depuis novembre 2004, fait état d'un sentiment sur ce monde mal en point, des notes successives qui ne riment peut-être pas toujours à grand chose...
[...]
Rédigé quasi-entièrement en pleine possession de mes moyens intellectuels, j'espère sans aucune prétention qu'il sera susceptible de vous apporter de petits moments de réflexions...


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crôa crôa...



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1/ le changement climatique est un problème majeur, pas uniquement écologique, mais aussi politique et économique.

2/ s'attaquer sérieusement à ce problème (et à d’autres… guerres, pauvreté, etc.) implique une remise en cause profonde de nos modèles économiques, et particulièrement de la notion de "croissance".

Au delà, comme le nom “Freemen“ l’indique, chacun pense, écrit ce qu’il veut, comme il le veut, sur son blog.

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L'horizon s'assombrit, ultime raison pour garder les yeux bien ouverts, et affûter sa conscience.
24 mars 2008 1 24 /03 /mars /2008 19:40
"Le système capitaliste peut d'autant mieux régenter l'ensemble de la société que celle-ci se transforme en une masse amorphe d'individus aussi peu organisés que possible, juxtaposés les uns aux autres, assoiffés de réussite personnelle et n'ayant d'autre visée que de "se faire plaisir" dans l'immédiat, au gré de leurs envies du moment.
Au fond, pour le capitalisme, la meilleure population, la plus réceptive, la plus docile, la plus enthousiaste serait une population complétement atomisée et infantilisée, dont les liens de solidarité seraient réduits à des échanges groupusculaires, fusionnels et festifs, une population dont les membres n'auraient plus rien en commun que le projet de jouir ensemble, de "s'éclater" indéfiniment, ou le but de la vie serait de "se faire du bien", plutôt que de faire le bien."
Alain ACCARDO
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10 décembre 2007 1 10 /12 /décembre /2007 18:16
"La richesse créée par le travail collectif sert moins à la recherche et à la santé, à l'éducation et à la justice, au logement et à la culture, qu'à aller grossir les dividendes des grands actionnaires et les stock-options de leurs managers."
Alain ACCARDO

"La richesse ressemble au sel qui donne de la saveurs aux aliments, mais qui boit de l'eau salée augmente sa soif"
Anonyme ( zépaloteur)
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22 juin 2007 5 22 /06 /juin /2007 11:08
"Je ne comprends pas grand chose aux États et aux frontières. Je sais seulement que la Terre est ronde, et contrairement aux arbres qui ont des racines, les humains ont des pieds pour marcher."
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5 juin 2007 2 05 /06 /juin /2007 16:02
Pas un message depuis le 25 avril - je ne suis pas mort, pas non plus résigné face aux résultats électoraux récents, pas plus que je le serai face à ceux des législatives. Vague bleue ou bleue foncée à l'assemblée française, ma foi, le choix du peuple !? Les choses ne changeront pas sans secousse de ce coté là.

Le temps passe, et je ne publie plus grand chose ces derniers mois, ma foi.
Aucun signe de lassitude mais sans doute une moindre implication dans le cyber-espace pour une éventuellement plus grande dans le réel-espace.

Justification inutile après tout... ça reviendra... peut-être... ponctuellement.

J'en profite tout de même pour recopier une petite chose extraite du livre "Antiproductivisme altermondialisme décroissance" - édition Parangon.

Une véritable alternative remettant en cause l'état des choses, donc les rapports de force, se heurtera toujours à des coalitions d'intérêts et de résistances (y compris, voire surtout, de la part des victimes dont le changement bouscule les habitudes de vie et de pensée). Elle est donc toujours quelque peu utopique, tant que les circonstances n'ont pas rendu sa réalisation inéluctable.

Et une autre chose extraite du journal la décroissance de juin 2007.

Une société décroissante sera une société qui libèrera l'homme du travail et ce faisant libèrera aussi le travail pour en faire une activité librement consentie, fût-elle parfois laborieuse et épuisante.
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4 avril 2007 3 04 /04 /avril /2007 17:08
Question pour un champion.
indice : homme politique français

" Je suis noble, issu d'une famille de barons hongrois qui a collaboré avec le régime nazi durant la guerre et a fui la Hongrie pour éviter d'être jugée pour collaboration après la Libération. Dans ma jeunesse je participe à des manifestations contre les étudiants grévistes...Contrairement à ce que j'essaye de faire croire je ne suis pas le candidat de la « rupture » ou de la « nouveauté » en politique. Je suis entré en politique sous Giscard, il y a 30 ans et j'ai été plusieurs fois ministre, député, maire, président de Conseil Général.
À l'époque de la catastrophe de Tchernobyl j'étais délégué interministériel au nucléaire et c'est moi qui ai mis en place la campagne de désinformation prétendant que le nuage de radioactif s'est arrêté aux frontières de la France. J'ai fait cependant disparaître cet épisode de ma vie politique de ma biographie officielle sur le site internet du ministère de l'Intérieur.
Ministre de l'économie durant une partie du gouvernement Raffarin, j'ai défendu la rigueur et la baisse des dépenses publiques. J'ai réalisé l'ouverture du capital d'EDF-GDF et me suis engagé à ce que jamais cette entreprise ne soit privatisée. J'ai renié cet engagement en 2006 en privatisant GDF, je suis donc un menteur.
Ministre de l'Intérieur depuis 2002, j'ai mis en place de nombreuses lois liberticides et j'ai réussi à faire exploser l'insécurité alors que j'étais censé la faire diminuer. Je suis directement responsable du déclenchement de la révolte des banlieues en 2005 par ma politique répressive et mes propos insultants envers les habitants de ces banlieues.
Je suis noble, issu d'une famille de barons hongrois qui a collaboré avec le régime nazi durant la guerre et a fui la Hongrie pour éviter d'être jugée pour collaboration après la Libération. Dans ma jeunesse je participe à des manifestations contre les étudiants grévistes..."J'ai mis en place la loi CESEDA qui organise l'immigration choisie au profit des capitalistes et j'ai mené la chasse à l'enfant en expulsant les enfants sans-papiers, parfois en les séparant de leurs parents.
J'ai fait obtenir la Légion d'Honneur à un de mes amis qui se trouve être un maire d'extrême-droite ayant été condamné à plusieurs reprises pour incitation à la haine raciale. D'ailleurs mon conseiller politique, Patrick Devedjian, est l'un des membres fondateurs d'Occident, ancien groupe d'extrême-droite terroriste et antisémite.
J'ai repris l'un des slogans de Jean-Marie Le Pen « la France tu l'aimes ou tu la quittes » et je défends ses thèses que ce soit sur l'immigration ou l'insécurité. Je me vante d'ailleurs d'avoir l'électorat du Front National pour moi.
Je suis un fervent partisan des États-Unis, de George Bush et les néoconservateurs américains m'apprécient beaucoup. Je suis pour la guerre en Irak et je suis venu apporter mon soutien à mon ami Georges Bush. Je me suis fait photographier lui serrant la main et, pour paraître plus grand, j'ai fait truquer cette photo .
Lors de l'affaire Clearstream, j'étais au courant depuis le début que mon nom était présent dans les listings et j'ai laissé faire dans le but d'apparaître comme une victime. J'ai même déclaré que je souhaitais voir « pendus à un crochet de boucher » ceux qui ont mis mon nom sur les listings. Pour rappel, Hitler aussi voulait voir « pendus à un crochet de boucher » ceux qui ont organisé l'attentat manqué contre lui.
Il y a plusieurs mois, j'ai dévoilé à la TV qu'une opération d'arrestation de terroristes allait avoir lieu et j'ai ainsi risqué de faire échouer cette arrestation.
Dans une de mes visites électorale en Corse, aux frais du contribuable, j'ai utilisé pour moi le seul hélicoptère de l'île. Un enfant s'est le même jour gravement blessé en randonnée et il est mort car il n'a pas pu être emmené aux urgences à temps, puisqu'il n'y avait plus d'hélicoptère disponible pour l'y emmener...
Je suis, je suis... "

Lu ici. Faites donc suivre...
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22 mars 2007 4 22 /03 /mars /2007 16:46
La publicité est omniprésente : dans les wagons du métro, sur les quais, dans les couloirs, le soir à la télé, le matin dans nos boîtes aux lettres, à midi dans le journal, à la radio, le long de nos routes, dans nos stades, sur les T-shirts de nos enfants... Nous sommes quotidiennement soumis à plus de 3000 messages publicitaires.
Jusqu'où ira ce bombardement ? L'industrie de la publicité représente aujourd'hui plus de 20 milliards d'euros par an, en France. Qu'y a-t-il là de si décisif pour qu'on y consacre tant d'argent, de talent et d'énergie ? C'est que la croissance de la production est indispensable pour entretenir artificiellement la santé de l'économie. Or on ne peut produire toujours plus de choses sans produire en même temps les besoins qui permettent de les écouler.
Les publicitaires se chargent précisément de nous inoculer massivement ces besoins. Certes, chaque marque essaie de se distinguer des autres par ses campagnes publicitaires, mais toutes les marques, et toutes les campagnes publicitaires, participent en fait à la même guerre : faire avancer le front du consumérisme. Non seulement nous sommes sommés, au travail, de participer à la production croissante de marchandises, mais avec la publicité nous sommes encore sommés, après le travail, d'en assurer l'écoulement, jusqu'à la nausée. Et pendant qu'on cherche à tout prix à maintenir nos esprits dans un état de passivité hypnotique, le productivisme achève, dans l'indifférence générale, la dévastation de la nature et des hommes. La publicité n'est rien d'autre que le carburant idéologique de ce saccage.
NE VOUS Y TROMPEZ PAS : CE N'EST PAS SEULEMENT LA PUB QUE CRITIQUONS, MAIS L'ENSEMBLE DE LA DÉSHUMANISATION INDUSTRIELLE QU'ELLE ORCHESTRE.

Tract tiré du livre "De la misère humaine en milieu publicitaire - comment le monde se meurt de notre mode de vie", très bon livre.
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24 novembre 2006 5 24 /11 /novembre /2006 15:04

"Le bonheur individuel se doit de produire des retombées collectives, faute de quoi la société n'est qu'un rêve de prédateur."

Daniel Pennac.


"Agis de façon que les effets de ton action soient comptatibles avec la permanence d'une vie authentiquement huamine sur terre."

Hans Jonas.


"Si tu possède une deuxième paires de chaussures et qu'un pauvre va nu-pieds, tu n'as pas à la lui donner, mais à la lui rendre."

Grégoire le Grand.

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22 octobre 2006 7 22 /10 /octobre /2006 13:51
Ce texte est la conclusion de l'ouvrage NO CONSO de Paul Ariès aux éditions Golias, octobre 2006).
A diffusé librement avec indication de la source.


Manifeste pour une grêve générale de la consommation

La société de consommation est triste, injuste et impossible : non seulement 20 % des humains s’approprient 86 % des ressources planétaires mais cet « enfer climatisé » n’est pas généralisable puisqu’il dépasse la capacité même de régénération des écosystèmes.

Nous devons donc en finir avec cette domination des uns sur les autres et de tous sur la planète pour vivre simplement en véritables humains. Ce choix est celui de la responsabilité mais aussi de l’utopie : il est le seul capable de redonner un sens à nos valeurs comme la liberté.

Nous entendons opposer à la logique économique boulimique l’objectif de vivre avec « moins de biens mais plus de liens ». La construction d’un projet politique fondé sur "la gratuité de l’usage et le renchérissement du mésusage" permettrait de résoudre à la fois les questions environnementales et sociales par le retour au politique.

Seule la perspective d’une « grève générale de la consommation » peut rendre la puissance aux petits face à cette infime minorité de puissants qui s’engraisse de notre mal-vie et de la destruction de toute chose.

Qui peut encore croire en une grève générale du travail ? L’idée d’une grève générale court tout au long du vingtième siècle. Les peuples ont longtemps espéré dans une grève générale du Travail. Il serait absurde de lui opposer ses échecs car le propre d’un mythe est de permettre d’agir mais aussi de supporter les inévitables défaites. La dureté de l’hyper-capitalisme et de ses nouveaux modes de management musèle les salariés et une fraction importante du peuple est interdite de grève, chômage ou extrême pauvreté obligent. Sans parler du décalage entre les revendications et nos rêves d’émancipation. Faut-il s’étonner que beaucoup songent alors à ce qui pourrait prendre la relève et devenir une grève de la consommation ?

Que serait une grève générale de la consommation ? Cette grève serait conçue comme un véritable mouvement social avec ses revendications collectives opposées aux gouvernement et patronat. Ni continuation de la démarche de simplicité volontaire ni mouvement de boycott ciblé mais une façon de se refuser comme consommateur.

L’hyper-capitalisme n’a pas encore inventé les structures matérielles qui enchaînent le consommateur à la société de consommation. Comment ne pas distinguer à cet égard les deux types de domination ? Le producteur est plus enchaîné matériellement que mentalement. C’est la perspective de la fin du mois difficile (ou impossible) qui l’oblige à reprendre son travail, pas ce prétendu amour du labeur. C’est en revanche la fausse jouissance de la consommation qui interdit de cesser de consommer et nullement des obligations matérielles. Comment le capitalisme pourrait-il obliger à acheter au-delà de l’ordre du nécessaire, c’est à dire de ce qui n’est pas de la consommation ? Le temps joue, dans le cas de la grève du travail, contre le gréviste mais il joue en sa faveur dans l’éventualité d’une grève de la consommation. Le pouvoir perdu par les producteurs qui se refusent à l’être (car tel est bien le sens profond de tout acte de grève générale du travail) peut donc être retrouvé chez les consommateurs qui se refusent à le rester.

La grève générale de la consommation serait incontestablement l’apothéose d’une stratégie conséquente de désobéissance civique. Déjà parce qu’elle transgresserait l’impératif absolu de consommer. Elle attaquerait donc le système dans ce qu’il a de plus vital et sacré. Ensuite parce qu’elle serait un mouvement social avec des revendications opposées à L’Etat et au patronat et se donnant pour but d’arracher une autre hiérarchie de normes juridiques fondée sur la satisfaction des vrais besoins humains, avec ce que cela suppose de préparation, de mobilisation, de théâtralisation et de négociation.

Les futurs ex-consommateurs doivent apprendre à utiliser cette arme. En célébrant chaque mois de novembre « la journée sans achat ». En organisant des mouvements ciblés autour de revendications simples, aisément compréhensibles, assez facilement victorieux. En envisageant des grèves générales portant sur des objectifs plus difficiles à percevoir, mais fondamentaux pour sortir du capitalisme. L’autre atout d’une grève générale de la consommation est qu’elle ne dissocie pas le but du chemin, puisque sortir de la sphère de la consommation est, à la fois, le début et le terme de cette révolution.

Seule cette perspective de grève générale de la consommation peut rendre aujourd’hui aux plus faibles le maximum de force collective. Tant que subsiste encore le compromis fordiste, le capitalisme a besoin de notre compromission quotidienne pour réaliser ses profits. N’est-ce pas cette même grève générale de la consommation qui permettra de tenir le plus longtemps possible face à un adversaire qui n’a nullement l’intention de satisfaire notre volonté de mieux vivre ? N’est-ce pas cette grève générale de la consommation qui permettrait de réaliser, au mieux, l’unité des plus petits et diviserait ceux qui vivent de la domination des uns sur les autres et de tous sur la planète.

Ne nous leurrons pas : le système ne restera pas sans réagir. Il fera son chantage sur l’emploi, il menacera de chômage technique ; les marchands casseront les prix et manipuleront les consommateurs. Notre chance est que le système productif est fort peu fluide et que produire pour l’exportation et les plus que riches prendra du temps. La grève générale de la consommation, comme tout mouvement social, est fondamentalement la création d’un rapport de force : elle sera, sans doute, d’abord vaincue. Ce sera de nouveau la ruée vers l’hyper-consommation. Il en restera une petite graine qui peu à peu germera. Une autre grève de la consommation succédera aux précédentes... On peut penser que nous apprendrons aussi beaucoup de ces défaites. Ces objections contre cette grève ne sont donc pas acceptables, car il n’est jamais légitime de se coucher faute d’avoir la certitude du succès.

Toute grève générale constitue en outre une opération de catharsis collective puisqu’elle dévoile les ressorts intimes du système. C’est pourquoi il est si difficile de reprendre le cours normal des choses après ce dévoilement dont les effets émancipateurs marquent une vie. Oublions un instant ce qui n’est finalement, souvent, que prétexte : toute grève commence, nécessairement, par des revendications conventionnelles mais débouche très vite sur du non-négociable. Il suffit, pour cela, de laisser le temps nécessaire à la désaliénation. La grève de la consommation, comme toute grève, visera certes des conquêtes sociales mais elle regardera, en réalité, beaucoup plus loin. De la même façon que le salarié qui se met en grève pour revendiquer un meilleur salaire expérimente aussi une toute autre existence. C’est pourquoi il lui est toujours si douloureux de reprendre le travail. C’est pourquoi même avec une victoire on ne sait pas finir une grève. Gageons qu’il sera tout aussi difficile de redevenir de simples « forçats de la consommation » après avoir expérimenté une autre vie.

Cette grève générale de la consommation doit être un mouvement pour faire vaincre l’usage contre le mésusage, la gratuité contre la vénalité. Nous ferons grève pour arracher la gratuité des transports collectifs, pour obtenir la gratuité du logement social, pour obtenir des tarifications différentes selon les niveaux de consommation, pour donner à tous avec un revenu universel inconditionnel, équivalent au SMIC, les moyens économiques de vivre sa dignité d’humain, nous ferons grève pour que ceux qui saccagent la planète paient davantage, pour que les publicités soient cantonnées dans quelques espaces, pour qu’un revenu maximal d’activité permette de redistribuer les richesses, etc. Penser que cette grève signifierait cesser de s’alimenter ou de payer ses factures d’eau (encore que ce mouvement puisse être envisagé pour obtenir la gratuité d’usage de ce bien commun) c’est ne rien avoir compris à ce qu’est la consommation, c’est une objection de consommateur donc de ce type d’humain qui va avec le système. L’objectif n’est pas de mettre sa vie ou celle des autres en danger, notre société d’hyper-consommation fait cela très bien sans nous. L’objectif, au contraire, est d’apprendre à exister pleinement, à vivre en tant qu’usager maître de ses usages et non plus comme forçat du travail et forçat de la consommation esclave du marché capitaliste.

Cette grève générale de la consommation peut être le plus court chemin pour réveiller l’usager qui sommeille encore en chacun. Faisons confiance à l’intelligence collective pour redécouvrir au cours de ce mouvement durable des usages depuis longtemps oubliés. Que chacun réfléchisse, dès à présent, à sa consommation et tente déjà de consommer beaucoup moins, bref d’adopter un mode vie minimaliste. Méfions-nous cependant de ceux qui joueraient à « plus décroissant que moi tu meurs » et qui finiraient par transformer cette action citoyenne en geste religieux, en posture moralisatrice sinon policière. Faisons plutôt confiance en la sensibilité collective pour que le mouvement prenne de plus en plus de consistance et d’ampleur.

Cette grève générale passera par le boycott de certains produits ou réseaux vitaux pour le système hyper-capitaliste (pas seulement des biens économiques comme les produits financiers mais aussi idéologiques comme ses journaux télévisés ou sa presse aux ordres). Que serait une grève de la consommation si chacun achetait son nécessaire dans ces temples capitalistes que sont les hypermarchés ?

Faisons le pari que d’ici peu ce mot d’ordre de grève générale de la consommation deviendra populaire, qu’il accompagnera (ou chassera ?) le vieux mythe de la grève générale du travail... Nous en avons tellement besoin pour souder nos espoirs et nourrir nos combats. La perspective d’une grève générale de la consommation oblige à prendre conscience que la vraie puissance n’est pas le pseudo pouvoir du consommateur, qui voterait avec son porte-monnaie, mais celui du citoyen qui se refuse en tant que consommateur, comme le gréviste se refuse comme producteur pour se vivre sur un mode politique.

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25 juillet 2006 2 25 /07 /juillet /2006 18:52
    "Sans cesse, les Blancs sont allés sur la terre des Indiens pour les escroquer, pour les massacrer. Et encore, aujourd'hui, les Blancs continuent d'abuser de nous.
    Ils veulent en finir avec nous, tout comme avec les fleuves, qu'ils souillent tous et tant, que plus aucun n'est propre. Ils pénètrent sur nos terres sans nous en tenir informés. Ils tuent alors tellement de poissons et de gibier qu'ils n'en emportent qu'une partie et laissent le reste aux vautours. Je n'aime pas ça. Les Blancs doivent penser à nous, à nos coutumes, à notre forêt, à notre terre. Ils doivent nous respecter.
    La déforestation ne cesse d'augmenter. Les Blancs coupent, et coupent, jusqu'à en finir avec les forêts. Nos terres sont les denrières du Brésil à être encore totalement vertes.
    Et les Blancs veulent tout de même les détruire.
    Je suis très préoccupé par le sort de cette petite forêt qui reste.
    Les Blancs doivent penser à notre futur à tous et laisser vivre quelques forêts.
    Si les Blancs détruisent cette forêt, nous les Indiens allons devenir triste, nous n'allons plus danser et sourire. De nombreuses maladies vont s'attaquer à nous. Nous allons mourir.
    Si les Blancs continuent de détruire la forêt, les esprits des arbres et des animaux vont revenir furieux contre nous tous, contre tous les hommes.
    Une grande faiblesse va d'abord s'emparer d'eux, et dès lors plus rien ni personne ne pourra les sauver. Puis, tous vont devenir très triste. Aussi, une très mauvaise odeur va débarquer et les hommes auront du mal à respirer. Les esprits vont ensuite vouloir les tuer.
    Que va-t-il arriver ? Partout, les esprits vont appeler le vent violent, la forte chaleur et le grand froid...
    Je dis la vérité ! Et je suis inquiet !
    C'est pourquoi, nous les Indiens devons continuer de vivre selon notre culture, c'est pourquoi, je pris les miens de maintenir cette culture même après ma mort : de continuer de recevoir les noms de leurs oncles, de leurs grands-parents... Car c'est cette culture qui nous permet de protéger la terre et la forêt.
    Beaucoup de gens ont dit qu'ils allaient nous aider. Mais ils n'ont fait que parler.
    Ils n'ont rien fait. Cela me rend encore plus triste.
    Car pour continuer de défendre la forêt et d'éviter que ces malheurs n'arrivent, nous avons besoin d'aide."

Ropni Metyktire
Chef indien Mebêngôkre d'Amazonie. Cet appel est tiré du livre "WAYANGA - Amazonie en sursis" d'Émilie Barrucand.


En plus de cet appel, je citerai le court extrait suivant du livre :
"Des mots comme "développé", "civilisé", "sauvage" ou "primitif", couramment usités dans les contextes de colonisation ou de politique intégrationniste, n'ont toujours pas disparu en ce XXIè siècle. Non plus que les valeurs qu'ils véhiculent. Au nom de critères arbitraires choisis, on persiste en effet à interprêter la différence comme une infériorité - souvent au prix de grossiers contresens.
[...]
Les Blancs, néanmoins, n'en démordre pas : il faut aider les indigènes à "s'intégrer". Leur donner les moyens de se hisser à la hauteur des Occidentaux. Le bilan de ces initiatives est souvent tragi-comique. C'est ainsi qu'un jour, une jeune femme de l'ethnie Kaingang m'a confié, tout en essayent de retenir ses larmes, qu'un réseau téléphonique avait été installé dans son village. "C'est horrible ! Ce n'est plus comme avant ! Au village, les gens ont perdu le goût des vistes. Maintenant, ils préfèrent rester chez eux et se parler au téléphone, les activités collectives sont délaissées ; la joie disparaît des visages..."


Pourrai-je un jour retirer ce que j'écris là aujourd'hui, "Honte à l'Occident, honte à ce que nous sommes !" ?
De quoi philosopher en croquant dans le steack de notre prochain hamburger fastfoodisé ! (heu oui, oui y'a un lien avec la forêt d'Amazonie).
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12 juin 2006 1 12 /06 /juin /2006 20:53
"Supprimez les indemnités de chômage, les systèmes légaux de retraites, les systèmes existants d'aide sociale et de revenu minimum garanti, les allocations familiales, les abattements et crédits d'impôt pour personnes à charge, les bourses d'études, les subventions à l'emploi, l'aide de l'Etat aux entreprises en difficulté. Mais versez chaque mois à chaque citoyen une somme suffisante pour couvrir les besoins fondamentaux d'un individu vivant seul. Versez-la lui qu'il travaille ou qu'il ne travaille pas, qu'il soit pauvre ou qu'il soit riche, qu'il habite seul, avec sa famille, en concubinage ou en communauté, qu'il ait ou non travaillé dans le passé. Faites tout cela et puis observez ce qui se passe."
[Collectif Charles Fourier, 1985, p. 345]
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