Perte de vitesse dans la publication sur ce blog.
Oui, et alors ?
Le temps que je passe attaché à cette machine (PC - internet), me sert plus à lire une certaine actualité, à me documenter sur quelques petites choses (le temps de cuisson des navets par exemple), ou à dialoguer un petit peu avec mes "contacts", enfin bref, je ne prends plus vraiment le temps d'écrire sur blokomondi (heu... c'est titre de cette page !?), ni ailleurs d'ailleurs ! Ca m'embête un peu mais il est fort possible que ça revienne. Y'a tellement d'autres choses à lire aussi, et beaucoup à faire... qu'insidieusement, j'écris moins.
En lisant des papiers sur la situation à Oaxaca, sur l'effondrement de la gauche avant cette probable pathétique présidentielle, sur les OGM, le nucléaire, les inégalités diverses, la destruction en règle de notre écosystème, la dérive de notre démocratie vers le sécuritaire, le tout marchand ; en lisant des papiers sur les crises multiples et toujours plus nombreuses et plus profondes qui jaillissent ou perdurent sur notre monde, je me rends compte qu'il est bien plus que temps d'agir !
Agir, mais quelle est notre marge de manoeuvre temporelle ? 10 ans, 20 ans ? Pas beaucoup plus en tout cas.
Agir, certes mais comment ? Une nécessité que je ressens se situe à l'échelle individuelle, se relocaliser radicalement. Diminuer ses transports. Manger local. Economiser. L'énergie, l'eau, les ressources, nos outils. Hum... bref appliquer au maximum ces "petits" gestes si cher à Nicolas Hulot. Il a raison, il faut prendre conscience des conséquences de chacun de nos actes et agir pour les réduire quand ceux-ci sont imcompatibles avec une vraie vie humaine (et la vraie vie, elle est bien différente de celle d'auchan, et probablement plus proche de celle des champs).
[ en passant : manger moins de viande, ou mieux, ne plus en manger économise énormément plus d'eau que le fait de fermer l'eau sous la douche ou en se lavant les dents, une action n'empêche pas l'autre bien sûr ! ]
Les petits gestes écolos, bien, très bien, utiles et nécessaires mais pas suffisant du tout.
Surtout, ne pas se contenter de cela, ne pas rester obnubiler par ça et aller plus loin, penser plus loin. La simplicité volontaire ne sera pas notre porte de secours, même si l'on doit être le changement que l'on veut pour le monde, quelques gentils citoyens qui consomment un peu moins et plus équitablement ne changeront pas l'ordre des choses qui s'inscrit dans le toujours plus, plus souvent, plus rapidement, fortement claironné par la publicité ainsi que l'éducation que l'on nous donne. Pub et éducation vont même jusqu'à fusionner pour ne bientôt former plus qu'une seule activité se résumant à vivre = consommer.
Agir individuellement ne constitue donc qu'une mise en cohérence de ses actes avec ses convictions mais n'est en rien un levier suffisant pour voir l'arrivée d'un réel changement de société. Ce n'est qu'un point de départ individuel. Nombre de personnes vont jusqu'à mettre en garde sur la capacité et la force du système actuel à tout engloutir. Tout comme il ne faut plus attendre le grand soir révolutionnaire, il n'y a pas à attendre de changement spontané et massif dans le comportement individuel des gens qui mangent de la publicité à forte dose quotidiennement et suivent le mouvement consumériste pour rester de son époque (!!!), ce qui rend tout le monde bien docile face à un état du monde en train de s'effriter sous nos agissements.
C'est donc par la mise en place de solutions collectives, solidaires, et équitables que pourra s'amorcer un profond changement de nos modes de vie. Il faut allier à cela un engagement politique fort des citoyens. Et voir ce politique come la gestion des choses de la cité, pas comme un combat de plus en plus stérile entre liberté commerciale et couverture sociale. Des crises se produiront mais c'est aux peuples de les gérer. C'est des simples gens que doit venir la prise de conscience collective pour pouvoir sortir des impasses (environnementale, sociale, politique, humaine) dans lesquelles nous nous sommes enfermés.
Les révolutions "à gauche" en amérique du sud sont une voie de dissension face à l'ultra-libéralisme, les faucheurs volontaires qu'on ne présentent plus sont une manière de faire émergé un débat profond de société, les actions antipub doivent se multiplier pour combattre cette diffusion agressive d'un mode de vie qui nous nuit.
Engagement polique, c'est une discussion au café du coin, c'est le partage avec ses proches, c'est la solidarité et non pas la charité, c'est la remise en cause radicale de ce que l'on ne tolère plus, de ce qui ne va plus, et son application d'abord individuellement puis collectivement.
Imaginons le jour où : les vélos envahiront les rues, 2 machines à laver serviront à toute la co-propriété, la cour de l'immeuble ou la parcelle de gazon seront transformés en petit potager naturel, les vacances se passeront avec un sac à dos, de bonnes chaussures et des moments de convivialité partagée... et quoi d'autre ? Tout, plein de choses, beaucoup de choses...
Tout ce texte pour résumer un embryon idée : la changement individuel doit s'accompagner de changements au niveau collectif, par la mise en place de solutions de vie avec et pour la collectivité. Et le tout ne doit pas se priver d'un retour au politique, d'actions militantes, d'échanges, de partage. Pour un autre monde qui résolument est possible... mais le temps presse alors agissons !