En plus de cet appel, je citerai le court extrait suivant du livre :
"Des mots comme "développé", "civilisé", "sauvage" ou "primitif", couramment usités dans les contextes de colonisation ou de politique intégrationniste, n'ont toujours pas disparu en ce XXIè siècle. Non plus que les valeurs qu'ils véhiculent. Au nom de critères arbitraires choisis, on persiste en effet à interprêter la différence comme une infériorité - souvent au prix de grossiers contresens.
[...]
Les Blancs, néanmoins, n'en démordre pas : il faut aider les indigènes à "s'intégrer". Leur donner les moyens de se hisser à la hauteur des Occidentaux. Le bilan de ces initiatives est souvent tragi-comique. C'est ainsi qu'un jour, une jeune femme de l'ethnie Kaingang m'a confié, tout en essayent de retenir ses larmes, qu'un réseau téléphonique avait été installé dans son village. "C'est horrible ! Ce n'est plus comme avant ! Au village, les gens ont perdu le goût des vistes. Maintenant, ils préfèrent rester chez eux et se parler au téléphone, les activités collectives sont délaissées ; la joie disparaît des visages..."
Pourrai-je un jour retirer ce que j'écris là aujourd'hui, "Honte à l'Occident, honte à ce que nous sommes !" ?
De quoi philosopher en croquant dans le steack de notre prochain hamburger fastfoodisé ! (heu oui, oui y'a un lien avec la forêt d'Amazonie).