10:25 Horreur, certains crieront révolte, il m'arrive souvent comme ce matin d'émerger de mon sommeil vers 8h, quand les autres partent travailler. Moment ou j'allume ma radio - Europe 1 - pour entendre quelques nouvelles, l'interview de Jean-Pierre Elkabbach, et les imitations de Nicolas Canteloup (un peu de détente quand même).
Ce matin, jeudi, radio allumée, j'entends que les violences en banlieues diminues (Sarkozy veut expulser tous les étrangers interpelés), un triple attentat en Jordanie, Hollande remporte le vote du PS, bref de petits faits divers bien significatifs sur l'ambiance actuelle.
Après avoir assimilées toutes ces informations intéressantes, et quelques spots de pub, on m'annonce que Thierry Breton est l'invité d'Elkabbach ! Bien, écoutons me dis-je. A cet instant précis, je ne me doute pas encore que ma journée va basculer dans le malaise. Un malaise surplombant mon esprit 24/24h mais réactivé par notre cher ministre de l'économie, des finances et de l'industrie.
Les propos du ministre :
- La France se redresse,
- Tous les voyants de l'économie sont au vert,
- Croissance du 3
ème trimestre de 0,7%,
- Consommation en hausse, exportation en hausse, activité industrielle en hausse,
Cette croissance, lui donne une assurance sans limite. Pour lui, tout va bien, il note que les richesses produites vont être redistribuées, dans les milieux en difficulté, voila nos banlieues sauvées par la croissance !
Il rajoute aussi, dans un élan certainement euphorique, que les actions EDF partent comme des petits pains et que pour la peine, ils vont en vendre plus que prévu.
Et pendant qu'on y est, il prédit une croissance de 2 à 2.5% pour 2006, de quoi entériner son budget tant chahuter. Il se félicite de l'action menée avec les grands groupes pétroliers pour faire diminuer le prix de l'essence à la pompe, et les remercie même.
Voila de quoi se lever tranquille, ce n'est pas encore aujourd'hui que le monde va manger des croissants. Jeu de mot minable, d'accord, pardon.
Je ne me souviens plus de la fin de l'interview, tellement touché par les propos que je viens d'entendre. Cette réalité économique, je la connais, et ça ne m'a pas empêcher d'être choqué encore une fois par la pensée unique de la croissance. On tombe dans le maccabre. Gardons espoir, partageons, et avançons autrement.
...l'âme chahutée, garde le cap...